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Pascal Goet – A la recherche de l’âme de la nature
Pascal Goet est né en 1958 dans le Nord de la France. De 1980 à 1985, il voyage en Asie et en Amérique du Sud à la découverte des forêts équatoriales et de leurs insectes. Il participe à des tournages de films animaliers en Islande, Kenya, Zambie, Espagne et devient photographe professionnel dans les années 90.
Depuis sa plus tendre enfance, Pascal Goet observe la nature avec intensité : animaux, végétaux, minéraux. Les insectes lui ont ouvert les portes d’un monde parallèle fascinant. Il y a découvert une richesse de formes, de textures et de couleurs inégalée dans le reste du monde animal. Ici, la créativité de la vie semble sans limite, au service d’une esthétique divine.
Depuis plusieurs années, SubliPix réalise des tirages en sublimation pour Pascal, notamment pour sa série de papillons, intitulée Kroma. La réputation du photographe s’est développée : ses tirages sont vendus en galerie, à Paris et à New-York. En ce printemps 2021, il nous reçoit chez lui, dans les Yvelines, où il a aménagé un showroom qui lui permet de recevoir des collectionneurs…
Pascal, comment as-tu commencé la photo d’art ?
J’ai commencé ma carrière de photographe pro dans la presse : j’ai fait plus de vingt ans de reportages pour Le Figaro Magazine, Sciences et Vie, Sciences et Avenir, National geographic. Des reportages à caractère scientifique, mais pas seulement. J'aimais beaucoup les sujets liés à la nature, principalement avec les insectes ou les végétaux. Ce qui m’a rapidement fasciné dans cette activité, c’est de retrouver dans la nature des formes que l’on peut interpréter comme des visages (paréidolie) ou comme d’autres figures connues. C’est tout le propos de ma série Mask et Totem, à base de carapaces d’insectes. C’est à ce moment, en 2013, que je me suis lancé dans une approche plus artistique et que j'ai commencé à prospecter les galeries. Puis il y eu la série Kroma avec des papillons, d’autres insectes et plus récemment des orchidées.
Quelles sont tes préférences en matière de tirage ?
J’ai rencontré SubliPix en 2014 grâce à Nathalie Landaburu (la propriétaire de la galerie Hégoa), qui m'a proposé de faire une exposition. C’est elle qui m’a parlé de la Subligraphie®. A l'époque je tirais mes photos en Diasec. Avec la sublimation sur ChromaLuxe®, je retrouve un rendu assez proche, avec notamment cette impression de profondeur, ces couleurs éclatantes, pour un coût moins élevé.
Après les insectes, les fleurs. Mais pourquoi les orchidées ?
J’ai commencé à photographier les orchidées il y a deux ans. Il y a vraiment un côté animal dans cette fleur. J’y retrouve toutes sorte de formes et notamment des personnages en lévitation. Ce qui est magique, c’est qu'à un moment on ne sait même plus ce que c’est !
Tu as aussi une série sur les minéraux…
Les minéraux c'est très récent, je commence ma série, intitulée Mineral Dream. Je découvre un autre univers, tout aussi fascinant. Les tous premiers tirages sont actuellement exposés à New York. C'est une série que je dois développer… mais techniquement c’est assez complexe.
Comment accèdes-tu à tes sujets ?
J’ai accès à des collections privées ou de musées. Par exemple, à celle du Jardin du Luxembourg pour la série des orchidées. Depuis longtemps, je développe des collaborations avec des institutions. Je dois en démarrer une avec le Musée des Confluences à Lyon où je suis déjà exposé : on m'a proposé de photographier des collections (minéraux et insectes).
Après les fleurs, les insectes, les minéraux, quel sera le sujet suivant ?
Il faut que cela reste en lien avec la nature. Le bois, sans doute. J'ai commencé à récupérer des souches dans la forêt et j’y vois des formes anthropomorphes très intéressantes. Surtout dans les fissures de morceaux de bois qui sont restés pendant vingt ans dans la terre : il y a des choses vraiment très belles.
Un petit mot sur la technique?
Je travaille avec un boîtier presque un peu ancien, le Canon 5Ds R, qui possède un capteur de 50 millions de pixels et principalement avec l’objectif macro Canon MP-E 65 f/2,8, qui permet d’atteindre un grossissement de 5 x sans ajouter de bague-allonge. Souvent, j’assemble trois photos pour constituer une seule image. Mais j’aimerais passer à un boitier moyen format tel que le Fuji GFX 100 S…
Et l’éclairage ?
J’utilise des flashes de studio et mes vieilles torches Balcar de reportage. C'est un déluge de lumière car ce sont des torches de 2400 Joules chacune, et j’en ai quatre !
Des problèmes avec les ombres ?
Effectivement, l’installation est compliquée : il faut que je puisse bouger mes sources de lumière et interposer partout des diffuseurs et des réflecteurs. Il y a vraiment une grosse préparation pour arriver à un plan d’éclairage parfait. C’est la partie la plus importante du travail… Chaque image résulte d’une installation bien spécifique : les élytres des insectes par exemple reflètent énormément la lumière. D’autres sujets beaucoup moins et je suis alors obligé d’utiliser des petits miroirs, pour redistribuer la lumière ici et là. Les minéraux, c'est dix fois pire ! Parce que là, je dois faire passer la lumière à travers le minéral pour le côté transparence et ça devient vraiment très compliqué. Mais une fois que tout cela est prêt, le shooting en lui-même n’est pas la phase la plus critique. Vient ensuite la phase de retouche et corrections, qui peut être longue...
As-tu des projets d’exposition ?
Oui, prochainement, chez AD Gallery à Gand. Je suis également en contact avec une nouvelle galerie à Lille pour la série Mask et Totem et les Kromas. Evidemment, pour ce qui est des expositions, nous venons de vivre des périodes très difficiles… En décembre prochain, après plusieurs reports, je dois exposer à l’Ecu de France à Viroflay. Je devrais également exposer prochainement au Musée Fernand Léger à Argentan en Normandie...
En attendant la réouverture des galeries et musées, visitez le site de Pascal Goet !
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